L’enseignement moral et civique (EMC), une matière pas comme les autres

Rédacteur Anko Ordonez - -
EMC en Seconde
L’EMC vise à renforcer la transmission des valeurs de la République aux élèves du CP à la Terminale en leur permettant de saisir les enjeux moraux et civiques de la vie citoyenne.

Anciennement appelé éducation civique, instruction civique ou encore instruction morale et civique, l’enseignement moral et civique est devenu une discipline à part entière depuis septembre 2015. 

Bien que récente, cette matière porte sur un sujet dont l’importance avait déjà été remarquée dès la Révolution française. Le Décret du 17 novembre 1794 expose la nécessité d’enseigner aux élèves « la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen et la Constitution de la République française » ainsi que des « instructions élémentaires sur la morale républicaine ». Près d’un siècle plus tard, la loi du 28 mars 1882 sur l’enseignement primaire obligatoire, défendue par le ministre de l’instruction publique Jules Ferry face aux opposants conservateurs, introduit l’instruction morale et civique en remplacement de l’instruction morale et religieuse. Selon Jules Ferry, afin de « chasser des esprits les utopies » et « d’émonder les idées fausses », il est nécessaire de faire « entrer dans l’esprit et dans le cœur de l’enfant des idées vraies sur la société où il doit vivre, sur les droits qu’il doit exercer ». 

La plupart des jeunes citoyens connaissent déjà les principales valeurs de la République (liberté, égalité, fraternité). Néanmoins, l’utilité pratique de ces valeurs dans le cadre des décisions étatiques semble moins évidente. Doit-on autoriser l’exploitation du gaz de schiste en France ? Doit-on modifier la loi pour favoriser un accompagnement de fin de vie plus digne vis-à-vis des personnes désireuses de ne plus vivre dans la douleur ou l’incapacité physique et psychique ? Dans quels cas doit-on encourager la recherche sur l’édition génétique ? Doit-on reconnaître les enfants issus de la GPA (Gestation pour autrui) ? Quelles limites doivent être imposées au développement de l’intelligence artificielle ? Et plus généralement, quels sont les mécanismes mis en place par les institutions publiques pour encourager la participation citoyenne aux débats de demain ? 

Toutes ces questions, et bien d’autres, portent sur des enjeux économiques, politiques, énergétiques, environnementaux, de santé publique, et peut-être même davantage sur des enjeux moraux et civiques.